des cartes et des territoires
Bonsoir Miki,
Pas de quoi.
Je dois dire que je prêche un discours que vous avez, finalement, assez bien résumé :
Citation:
Envoyé par
Miki
comment serait-ce imaginable de coller la même étiquette à tout le monde, parce que les sujets présentent certaines similitudes dans les symptomes, et qui plus est, donner à cette étiquette, une autre étiquette: celle d'une maladie.
En effet l"histoire du soin dans notre civilisation, même si nous savons qu'il a existé et surtout qu'il existe autre chose, passe par l'évocation de la "médecine traditionnelle".
Or notre culture s'obstine à séparer le corps et l'esprit (c'est ce que j'appelle : le règne de la vue : on a toujours cru à ce que l'on voyait, on a toujours douté de ce qui ne se voit pas) eh bien cette médecine traditionnelle découpe les "maladies" en affections physiques et problèmes psychiques.
D'autre part notre culture faisait aussi régner le culte de la Cause (et de sa fille, la Conséquence) en identification à ce que la Physique (la science) affirmait.
Résultat, l'adoption de méthodes très radicales pour ce qui touche au physique (avec des croyances comme : quand il y a appendicite, il faut toujours opérer... ce qui a pu conduire aussi à des attitudes tout aussi dogmatiques : à une époque : quand il y a lombalgie, repos et anti-inflammatoires).
Bien sûr actuellement nous sommes nombreux à penser qu'il existe plusieurs désordres pour conduire à un déséquilibre, et ainsi qu'il est possible d'aborder de plusieurs manières fort différentes une même problématique.
Mais dans le domaine (artificiellement séparé du reste) psychiatrique ou psychologique, les mêmes erreurs de méthode ont conduit à des conceptions et décisions tout aussi critiquables.
Historiquement ces méthodes conduisent toujours à rassembler dans des classifications, des situations très différentes, dont seuls les signes apparents sont ressemblants (exemple : classer toutes les dépressions ensemble).
Alors (pour répondre, mais avec le sourire, à ce qui a pu être balancé sur les psys) : non, tout le monde (parmi les psy) n'accorde pas tant d'importance que ça aux diagnostics (voyez votre serviteur) ; mais la société nous impose figurez-vous de produire des diagnostics (pensez aux cotations d'activité, qui conditionnent la subvention par la sécu d'un hôpital), mieux encore des pronostics ("est-ce que ce gars-là va à nouveau violer une femme ?")... Donc il faut pouvoir répondre à certaines questions (risque suicidaire, risque de violence, risque de devoir fréquenter toute sa vie les psys lorsque l'on déclare ses premières hallucinations après une saison de cannabis à 19 ans...).
Dernière remarque : ne fait-on pas au moins autant d'erreurs, lorsque l'on est parent d'un petit, et que l'on raconte "il a encore chopé le virus de son cousin et il a une otite" alors que cette otite suit plutôt un week-end trépidant avec changement des rythmes de sommeil ??
Décidément, je n'appelle "savoir" qu'une Croyance que nous n'avons pas encore mise en doute...
Cordialement