Bonjour les amis et merci pour cette conversation passionnante
Je suis bien sûr complètement d'accord avec tout ce que vous dites (oui, oui).
Puisque la formation en hypnose conversationnelle démarre dans moins de deux semaines, voici quelques croyances personnelles.
Finalement nous sommes toujours dans un état de conscience restreint par rapport à tout ce que nos sens, eux-mêmes imparfaits, enregistrent en permanence. Dans ce sens effectivement tout est hypnose ou rien n'est hypnose. Si bien que l'hypnose conversationnelle, et l'hypnose tout court, peuvent prendre autant de formes qu'il y a de contextes, d'objectifs, de personnes… De même, l'hypnose conversationnelle peut être employée (et modélisée) dans le spectacle, la négociation, la médiation… et au fond dans toute forme de communication, n'est-ce pas ?
Dans tous les cas, je crois, il s'agira d'avoir un temps d'avance. D'épouser tout ce qu'est l'autre et d'orienter la danse. D'avoir une conscience si fine de la relation, que l'opérateur pourra amener la pensée, les émotions, et donc les comportements, de l'interlocuteur, là où il aura choisi de les conduire. N'est-ce pas cela, induire un état modifié de conscience ?
Après, quel état de conscience… Cela ne dépend-il pas du but poursuivi ?
Dans le cadre de la première édition de la formation, en septembre, le but sera d'accompagner l'autre vers ce qu'il recherche consciemment et inconsciemment. Et donc de le suivre souvent, pour ne reprendre le lead que lorsque les mouvements de son esprit le conduisent à l'impasse, afin de redéfinir les cadres dans lesquels l'interlocuteur inscrit sa recherche de solutions..
Puisque, d'une certaine manière, conversationnel pourrait, en matière d'hypnose, être synonyme de discret, caché, informel, invisible…, on ne cherchera pas, et encore moins dans l'orientation thérapeutique, à créer des "effets". En revanche on recherchera des moments prolongés de rupture de pattern. Ruptures de pattern vues ici comme des moments de suspension des fonctionnements mentaux habituels, afin de libérer l'esprit des limites créées par le goût de la conscience pour la continuité,
Un espace-temps où l'on quitte les rives du connu pour s'avancer vers un océan de nouvelles possibilités. Cela peut-être très rapide, comme dans un recadrage. Ou plus long et plus métaphorique comme dans une introspection prolongée… euh, une transe.
Concernant la rhétorique, c'est Aurélien le spécialiste. Pour ce que j'en comprends, elle évolue entre deux acceptions : "l'art de persuader" et "l'art de bien parler". Dans un cas comme dans l'autre elle est donc au minimum un instrument linguistique de l'hypnose conversationnelle, dans lequel certaines structures langagières favorisent le déplacement de la conscience. S'il s'agit d'art de persuader, où sont les frontières entre persuasion, manipulation et hypnose ? Dans quelle notion intègrera-t-on, par exemple, la mise en scène de la relation ou l'état interne de l'opérateur ?
Enfin, il existe de nombreuses techniques de manipulation plus ou moins respectueuses de l'individu. La formation aura aussi pour but de permettre à chacun de décoder plusieurs de ces procédés afin de savoir s'en protéger et de transmettre cette connaissance.
En espérant vous avoir gardés sur votre faim.
Amitiés et à très bientôt
Jean



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